L’IoT plante les graines de la transformation numérique pour les services publics

L’Internet des objets est à la fois une bénédiction et une malédiction pour les entreprises de services publics. La malédiction vient du fait que les appareils intelligents donnent aux clients un contrôle accru sur leurs propres besoins de production et de distribution d’énergie. La bénédiction est la chance pour les services publics d’améliorer nettement l’efficacité, de réduire les coûts et d’étendre leurs activités dans de nouvelles directions. Les gagnants choisiront de voir ce changement comme une opportunité.

L’IoT prend forme à mesure que les services publics se retrouvent à la croisée des chemins. Leur industrie est hautement réglementée, et la plupart des fournisseurs détiennent des monopoles ou des semi-monopoles sur leurs zones de service. Mais la technologie de l’énergie alternative érode leur contrôle du marché. Le marché de l’énergie solaire devrait atteindre 422 milliards de dollars d’ici 2022, en croissance de près de 25% annuellement. En Europe, des complexes immobiliers entiers ont quitté le réseau public car ils répondent à leurs propres besoins énergétiques grâce à une combinaison de sources d’énergie solaire, éolienne, géothermique et autres. Cetaines communautés résidentielles commencent à mettre en place des échanges d’énergie pour acheter et vendre l’énergie que les propriétaires individuels génèrent, supprimant complètement le service public.

Dans la plupart des industries, ces tendances seraient inquiétantes, mais les services publics ne sont pas comme les autres secteurs. La plupart sont dans la position inhabituelle de vouloir réellement que les clients utilisent moins de leurs produits, et IoT pourrait être leur meilleur allié pour atteindre cet objectif.

La raison en est que les services publics veulent éviter les investissements énormes et les procédures réglementaires qui sont impliqués dans la construction de nouvelles centrales. Encourager les clients à réduire leur consommation d’énergie leur coûte moins cher en capital. C’est pourquoi les sociétés gazières et électriques canadiennes et américaines ont investi 8,8 milliards de dollars en 2017 pour aider les clients à devenir plus efficaces.

Les appareils connectés pourraient contribuer à des réductions importantes de la consommation. Certains services publics utilisent déjà des thermostats télécommandés pour ajuster les températures dans les maisons et les entreprises de leurs clients afin de réduire la pression sur le réseau électrique et profiter des périodes de faible utilisation, économisant ainsi les coûts des deux côtés. À mesure que de nouveaux appareils deviennent instrumentés, ces opportunités vont croitre.

Par exemple, les capteurs allumeront et éteindront les lumières ou ajusteront les températures aux réglages optimaux en fonction du nombre de personnes présentes dans une pièce. L’apprentissage machine rendra ces ajustements de plus en plus précis au fil du temps. Les appareils tels que les imprimantes et les moniteurs peuvent être mis hors tension lorsqu’ils sont inutilisés, ou la température du réfrigérateur réduite en fonction du contenu. La gestion de la consommation d’énergie peut même être un nouveau service lucratif que les services publics peuvent vendre à des clients qui ne veulent pas gérer eux-mêmes leur flotte d’appareils intelligents.

De la place pour l’épargne

Il y a beaucoup d’efficacité à retirer du système. L’Agence internationale de l’énergie estime que le Canada pourrait réduire ses coûts énergétiques d’environ 2% par année grâce à des investissements dans l’efficacité, réduisant ainsi la demande globale d’environ un tiers d’ici 2050.

Les appareils intelligents peuvent également être les meilleurs alliés des services publics pour rendre leurs propres opérations plus efficaces. Les capteurs installés dans les centrales de production et de stockage d’énergie peuvent équilibrer les charges des équipements pour une efficacité maximale avec une usure minimale. Les analyses prédictives permettent de trier les historiques de maintenance afin d’aider les propriétaires à résoudre les problèmes avant qu’ils ne se produisent et à éviter d’envoyer les travailleurs dans des environnements éloignés et souvent dangeureux pour les réparations d’urgence. McKinsey s’attend à ce que cette forme de technologie d’apprentissage machine aide les entreprises à économiser 630 milliards de dollars par année d’ici 2025.

Sur le terrain, les drones émergent comme une ressource précieuse pour les services publics pour inspecter les équipements situés au-dessus de la cime des arbres ou à des kilomètres de la route la plus proche. Ce scénario IoT apparait comme un choix naturel pour les entreprises de services publics, dont les actifs sont souvent situés loin des zones habitées par leur conception. Les premiers utilisateurs rapportent des économies de coûts spectaculaires et une meilleure qualité d’inspection, car les drones peuvent atteindre des endroits inaccessibles aux  humains.

Ces scénarios sont le fruit de l’IoT pour les services publics. De nouveaux modèles d’affaires créatifs vont aussi émerger. Par exemple, les services publics pourraient gérer les « microréseaux » communautaires décrits précédemment afin d’optimiser la production d’électricité et d’éviter aux clients les inconvénients de la tenue de livres et de la facturation. Ils peuvent fournir des services à la population croissante de véhicules électriques. Il y aura églaement de nouvelles façons de tirer parti de l’énorme quantité de données que les services publics pourront collecter à partir des appareils connectés pour mieux comprendre les habitudes d’utilisation des consommateurs et recommander les produits en conséquence.

Les services publics qui prospéreront dans ce nouvel environnement seront ceux qui appliquent le mieux la créativité et l’innovation à leurs entreprises. Ce secteur hautement réglementé n’est pas traditionnellement un terrain fertile pour l’innovation, mais l’environnement changeant récompensera les entreprises qui font le meilleur travail de sortir des sentiers battus… ou du réseau.

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