Les vulnérabilités Meltdown et Spectre : comment s’en protéger

L’année 2018 est commencée et de nouveaux défis sont déjà apparus dans le monde de la sécurité. Des chercheurs en informatique ont découvert que la puce principale de la plupart des ordinateurs modernes contient un bogue matériel. Il s’agit d’un défaut de conception qui existe depuis des années. C’est un problème important car il affecte presque tous les ordinateurs du réseau, y compris les postes de travail et les serveurs.

Ce bogue matériel permet aux programmes malveillants de dérober des données en cours de traitement dans la mémoire de l’ordinateur. Normalement, les applications ne peuvent le faire car elles sont isolées les unes des autres et du système d’exploitation. Ce bogue matériel brise cette isolation.

Au cours des dernières semaines, ce bogue matériel a soulevé beaucoup de questions qui méritent qu’on lui y prête attention.

Meltdown et Spectre sont de nouvelles vulnérabilités (CVE-2017-5715, CVE-2017-5753, et CVE-2017-5754) qui ont été découvertes.

Meltdown : faille de sécurité qui pourrait permettre aux pirates de contourner la barrière matérielle entre les applications exécutées par les utilisateurs et la mémoire centrale de l’ordinateur, qui est normalement hautement protégée.

Spectre : permet potentiellement aux pirates de tromper des applications autrement exemptes d’erreurs pour obtenir des informations confidentielles.

Si les cybercriminels peuvent exécuter des logiciels malveillants sur l’ordinateur, ils peuvent avoir accès à des mots de passe stockés dans un gestionnaire de mots de passe ou un navigateur, des courriels, des messages instantanés et même des documents stratégiques.

Comment pouvons-nous nous protéger contre ces vulnérabilités?

Il faut mettre à jour et appliquer les correctifs sur toutes les machines du réseau. Ceci prendra un certain temps, puisque tous les correctifs ne sont pas encore disponibles. En attendant, vous devez être très vigilant, y compris sur les courriels entrant et les sites web visités.

Utilisateurs Windows OS (7/8/10) et Microsoft Edge/IE

Microsoft a publié une mise à jour de sécurité (KB4056892) pour Windows 10 pour résoudre le problème Meltdown et les correctifs pour Windows 7 et Windows 8.

Si vous utilisez un logiciel antivirus tiers, il est possible que votre système n’installe pas les correctifs automatiquement. Par conséquent, si vous ne parvenez pas à installer la mise à jour de sécurité automatique, vous devez désactiver votre antivirus et utiliser Windows Defender ou Microsoft Security Essentials.

« Le problème de compatibilité est dû au fait que les applications antivirus effectuent des appels non pris en charge dans la mémoire du noyau Windows. Ces appels peuvent provoquer des erreurs d’arrêt qui empêchent l’appareil de démarrer. » (blogue de Microsoft)

Utilisateurs Linux Distribution

Les développeurs du noyau Linux ont également publié des correctifs pour le noyau Linux avec des versions incluant les versions 4.14.11, 4.9.74, 4.4.109, 3.16.52, 3.18.91 et 3.2.97, qui peuvent être téléchargées à partir de Kernel.org.

Les solutions de sécurité ne suffisent pas à prévenir les ransomware. Assurez-vous d’avoir une bonne stratégie de relève.

Si la notion de « ransomware » (rançongiciel en français) vous était inconnue jusqu’à maintenant,  l’attaque du 12 mai dernier du virus WannaCryptor qui a eu des répercussions mondiales dans toutes les sphères d’activités vous a certainement sensibilisé aux conséquences de ces attaques qui ne connaissent pas de frontières.

Les attaques informatiques par ransomware coûtent des millions de dollars par année aux entreprises et deviennent de plus en plus sophistiquées et difficiles à éviter. La particularité de ce type d’attaque est qu’elle se répand rapidement à travers les fichiers partagés, et ce parfois en quelques heures, comme l’attaque du 12 mai l’a démontré. Le ransomware s’infiltre généralement par le point le plus faible du réseau, généralement le compte courriel de l’utilisateur ou les sites de réseautage social.

Le ransomware verrouille l’ordinateur ou chiffre les fichiers, exigeant le paiement d’une « rançon » pour rendre aux utilisateurs l’accès à leurs données. Mais le paiement de la rançon ne garantit pas la récupération des données[1], sans compter que les entreprises qui cèdent au chantage des pirates deviennent des cibles de choix pour une prochaine fois…

Si vous êtes chanceux, votre entreprise a été épargnée par le virus et vous vous félicitez d’y avoir échappé. Dans ce cas, retenez la leçon : vous avez eu de la chance cette fois-ci, mais soyez assuré que ce type d’attaque se reproduira, et que votre entreprise pourrait fort bien en être victime la prochaine fois.

Les entreprises prévoyantes ont investi des sommes souvent considérables pour sécuriser leurs environnements informatiques et les données qui y transitent, données qui sont souvent critiques et dont la destruction peut mettre en péril la continuité des activités. Bien que les solutions de sécurité fassent partie de l’équation lorsqu’il s’agit de protéger vos actifs, elles ne sont qu’une partie de la stratégie pour contrer ces menaces.

Une solution complète pour vous prémunir contre les attaques virales doit impérativement inclure un plan de relève et des copies de sauvegarde accessibles et complètes afin de pouvoir restaurer votre environnement tel qu’il était avant l’attaque.

La mise en place d’un plan de relève vous procure l’assurance de pouvoir vous relever rapidement et de minimiser votre période d’inactivité, qui est souvent le maillon faible dans la gestion des attaques informatiques. En effet, plus vite vous reprendrez votre rythme de croisière, moins vos clients et fournisseurs auront à se tourner vers des alternatives qui pourraient, à terme, coûter très cher à votre entreprise et à sa réputation, allant même jusqu’à la mettre à risque.

Les entreprises soumises à des normes de conformité spécifiques à leur industrie sont en général sensibilisées et mieux outillées pour rapidement restaurer leur infrastructure en cas d’attaque. Pour savoir si votre entreprise a mis en place une stratégie de relève adéquate, posez-vous les questions suivantes :

Est-ce que vos copies de sauvegarde sont conservées hors site (loin de votre site principal)?

Êtes-vous en mesure de vous assurer que votre processus de sauvegarde fonctionne correctement?

Pouvez-vous vérifier que vos données peuvent être restaurées dans leur état d’origine?

À quelle vitesse êtes-vous en mesure de restaurer les données prises en otage?

Est-ce que vos données originales sont sauvegardées de manière inaltérable, vous assurant une récupération complète et intègre de vos données en cas d’attaque ransomware?

En répondant à ces questions, vous franchirez la première étape qui vous permettra de remédier aux lacunes de votre stratégie de relève en cas d’attaque informatique. Soyez prêts à faire face aux prochaines menaces pour protéger vos actifs! 

[1] Selon un récent sondage, des entreprises victimes de ransomware qui ont payé la rançon, seuls 71% ont pu récupéré leurs données.

Attaques de déni de service : les comprendre, les éviter

En octobre 2016, une cyberattaque contre le prestataire de services Internet Dyn a rendu inaccessibles de nombreux sites et services Internet, et est considérée comme la plus importante attaque de déni de service jamais effectuée.

Notions de base des communications Internet

La plupart des communications sur Internet sont de type client-serveur. Le navigateur Internet sert souvent de « client », et envoie des requêtes au serveur, pour lui demander d’afficher une vidéo Youtube par exemple.

Chaque serveur possède une adresse IP. Lorsqu’on navigue sur Google, par exemple, il se peut que le serveur qui répond à notre requête soit différent en fonction de notre localisation géographique. Ceci est rendu possible par l’utilisation d’un système de noms de domaine (ou DNS). Ces serveurs DNS vont traduire une adresse faite des mots « www.google.com » en une adresse IP. Cette notion est importante pour la compréhension de l’attaque dont Dyn a été la cible.

Historique des botnets

Un botnet est un réseau d’ordinateurs infectés par un virus, qui les transforme en des entités passives qui restent à l’écoute de futures instructions. La personne qui contrôle le botnet peut ensuite envoyer des commandes à son armée d’ordinateurs infectés. Elle peut, par exemple, demander à ses « robots » d’envoyer des pourriels ou de lancer des attaques de déni de service. Le caractère distribué de cette architecture rend la détection des attaques distribuées difficiles.

Avec la miniaturisation et le coût toujours décroissant des appareils informatiques, de plus en plus d’objets deviennent connectés. Cela crée un réseau toujours plus grand d’imprimantes, d’appareils photos IP et de toutes sortes d’objets qui sont connectés sur Internet. Tous ces objets sont de petits ordinateurs, et comme tous les ordinateurs, ils sont vulnérables aux attaques. De plus, puisque peu de gens prennent le temps de configurer ces objets connectés, la plupart d’entre eux se retrouvent configurés avec les mots de passe par défaut, ce qui rend encore plus simple pour un attaquant de les compromettre et de les infecter par des virus.

Nous nous retrouvons donc dans une situation où de très nombreux objets connectés sur Internet sont infectés par un virus. Et ces objets sont allumés en permanence, contrairement à nos ordinateurs. Lors du plus récent déni de service, ce botnet a réussi à générer jusqu’à 1,2 To de données par seconde! C’est un débit de données qui équivaut à près de 2 000 films de qualité DVD envoyés par seconde!

Pourquoi cette attaque a-t-elle fait si mal?

Les attaques de déni de service visent traditionnellement les serveurs ou les sites Internet de compagnies qui sont ciblés soit pour des raisons d’activisme (« hacktivism »), soit dans le but d’extorquer de l’argent.

Ce qui diffère cette attaque des précédentes, c’est la cible. Pour la première fois, ce ne sont pas les serveurs de sites qui ont été visés, mais les serveurs DNS de la compagnie Dyn.

Les sites de Twitter, Paypal et Netflix, par exemple, étaient pleinement fonctionnels. Mais en nous empêchant de savoir l’adresse des serveurs auxquels se connecter, cette attaque a rendu tous ces sites inaccessibles.

Comment se défendre face à ces attaques?

Les attaques de déni de service suivent souvent un schéma bien établi. Une première façon de se protéger consiste donc à utiliser des systèmes qui vont détecter les signatures de ces attaques.

Une autre façon de se prémunir est d’implémenter de la redondance sur les serveurs. En utilisant des équilibreurs de charge, on peut intelligemment diriger le trafic sur plusieurs serveurs, et ainsi améliorer la résilience du système face à de hauts débits de trafic.

Mais ce n’est pas tout! Il faut également se prémunir contre les infections, pour empêcher que l’un de nos systèmes ne devienne membre d’un botnet. Pour cela, il faut dans un premier temps protéger les ordinateurs avec des logiciels d’antivirus.

Cependant, de nombreux objets connectés sont des systèmes trop simples pour installer un antivirus. Il est donc primordial d’analyser le trafic réseau entrant dans votre réseau d’entreprise, à la fois pour y détecter les menaces connues et les vulnérabilités de type « zero-day ».

Il est possible de minimiser encore les risques d’infection de vos systèmes en effectuant la corrélation et la surveillance des journaux d’événements, comme par exemple, la surveillance de réseau et systèmes en continu.

Enfin, il est très important de garder ses systèmes à jour, afin de minimiser le risque que des vulnérabilités connues soient exploitables et utiliser des mots de passe uniques et complexes. Il existe des logiciels de gestion de mots de passe pour vous faciliter la vie.

Une firme spécialisée en sécurité sera en mesure de vous accompagner dans l’analyse de vos besoins et la sélection des solutions les plus performantes et efficaces pour atténuer les risques d’attaques de type botnet sur vos systèmes.

Virus Cryptolocker : comment le traiter?

Cryptolocker est un type de virus maintenant bien connu qui peut être particulièrement dommageable aux données stockées sur ordinateur. Le virus exécute un code qui chiffre les fichiers, les rendant inaccessibles aux utilisateurs et qui exige une rançon (sous forme de bitcoin, par exemple) pour les déchiffrer, d’où leur appellation de « ransomware ».

Les virus de type Cryptolocker s’infiltrent par différents vecteurs (courriels, sites de partage de fichiers, téléchargements, etc.) et sont de plus en plus résistants aux technologies antivirus et aux pare-feu; il y a fort à parier que ces virus continueront à évoluer et qu’ils seront de plus en plus habiles à contourner les mesures de sécurité mises en place par les entreprises. Cryptolocker en est déjà à sa 6e ou 7e variante!

Existe-t-il une police d’assurance?

Tous les experts conviennent qu’un solide plan de sauvegarde est toujours la meilleure prescription pour faire face à ce type de virus. Mais que signifie exactement la mise en œuvre d’un plan de sauvegarde, et à quoi ressemblerait un plan bien exécuté?

Le plan de sauvegarde doit être régulièrement mis à l’épreuve et préférablement inclure une copie des sauvegardes hors site. L’utilisation du service de copie de sauvegarde infonuagique d’ESI Technologies est une solution facile à mettre en place.

Une copie automatisée agit comme une police d’assurance en cas d’intrusion. Des sauvegardes régulières fournissent un magasin secondaire des données stockées hors site, tel qu’un mécanisme de secours en cas d’attaque malveillante.

Que faire en cas d’infection?

À partir du moment où vos systèmes ont été infectés par un Cryptolocker, vous êtes déjà aux prises avec plusieurs fichiers chiffrés. Si vous n’avez pas en place de mécanisme permettant de détecter ou de surveiller les changements de fichiers (par exemple un changement de 100 fichiers à la minute), les dommages peuvent être très étendus.

Avisez les responsables de la sécurité de votre département TI

Surtout ne payez pas cette rançon, car vous risquez d’être ciblés à nouveau

Vous n’aurez pas le choix de restaurer les fichiers à partir d’une copie de sauvegarde. Cette copie devient inestimable dans les efforts de récupération, car elle vous fournira un dossier complet de vos données.

Après le traitement, êtes-vous encore vulnérables?

Malgré des bonnes pratiques de sauvegarde de vos données, vous demeurez à risque après avoir restauré vos données.

Une évaluation de vos politiques de sécurité et de votre plan de sauvegarde par des professionnels comme ceux d’ESI Technologies vous fournira des recommandations afin qu’une telle chose ne se reproduise plus. Certains mécanismes de sécurité existent pour vous protéger des virus qui sont encore inconnus des systèmes de détection.

La prévention de perte de données – un défi d’affaires

Les données confidentielles, intellectuelles et sensibles sont les atouts les plus importants pour les entreprises. Certaines compagnies doivent respecter des exigences de conformité liées à ces données et se doivent de mieux gérer l’utilisation de celles-ci. La perte intentionnelle ou non-intentionnelle des données confidentielles peut avoir des conséquences désastreuses et elle s’accentue avec l’utilisation massive du courrier électronique, des systèmes de stockage publics comme Dropbox ou même d’une simple clé USB.

Quelques statistiques :
 

  • 64% des données d’entreprise sont perdues sciemment
  • 50% des employés quittent avec des données corporatives
  • 35% des pertes de données sont causées par la négligence
  • 29% des pertes de données sont causées par des défaillances de système
  • La perte d’une seule donnée coûte en moyenne 200$
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    En mettant en place une politique de gestion documentaire appuyée sur des politiques de protection tirées de normes déjà établies, et en implantant une solution DLP (Data Loss Prevention) qui a fait ses preuves, vous serez en mesure de bloquer les transferts indésirables de données ou de les chiffrer, d’avertir les utilisateurs que l’action qu’ils s’apprêtent à exécuter n’est pas permise et d’aviser les responsables de l’organisation le cas échéant.
     
    Vous avez des obligations : vous devez protéger les données confidentielles dont vous avez la responsabilité… et avertir les autorités en cas de perte!